Un acte criminel

La violence conjugale n'a pas seulement une dimension sociale, émotive, psychologique ou économique. Elle représente également une dimension criminelle puisqu'elle peut comporter des infractions comme des voies de fait, des menaces ou du harcèlement. Il est donc normal et souhaitable que certains cas de violence conjugale mènent à une intervention policière et, parfois, à des procédures judiciaires.

Il y a cinq expressions possibles de la violence conjugale : verbale, psychologique, physique, sexuelle ou économique. L’utilisation de ces formes de violence permet à l’agresseur d’adapter ses stratégies de contrôle selon les réactions de sa partenaire. De plus, les formes de violence qu’il utilisera ne suivront pas nécessairement un parcours linéaire.

La violence conjugale est basée sur une relation de domination. Les victimes peuvent souffrir d’isolement, de harcèlement, de dénigrement, d’humiliation, d’intimidation, de dévalorisation, de menaces, de violence physique et sexuelle, de chantage affectif ou d’injures. Le conjoint ayant des comportements violents peut aussi abuser de sa victime en gérant ses revenus et ses dépenses afin de lui enlever son autonomie. L’emprise du conjoint peut s’exercer sur le plan psychologique en essayant de s’immiscer même dans les pensées de sa victime, en cherchant à contrôler ses paroles et ses gestes ou en surveillant ses allers et venues.

L'alcool, la drogue et le stress peuvent favoriser l'expression de la violence, mais aucun de ces éléments ne peut la justifier; il n'existe pas de substance ou de situations stressantes qui possèdent le pouvoir de rendre quelqu'un violent contre sa volonté.

Passez à l'acte.

Faites passer le message.
En plus d’encourager les victimes à dénoncer leur situation, parler ouvertement et prendre position contre les actes de violence conjugale permet de conscientiser la collectivité.

Des chiffres qui font réfléchir.

Voici quelques données recueillies par le ministère de la Sécurité publique du Québec sur les plaintes portées pour des actes criminels commis dans un contexte conjugal :

En 2008, 17 321 infractions contre la personne commises dans un contexte conjugal ont été enregistrées par les corps policiers.

Plus de 8 victimes sur 10 étaient des femmes, soit 14 242 femmes et 3 079 hommes.

Outre le fait que les victimes étaient surtout des femmes, quelle que soit la catégorie d'infractions, le profil général était le suivant :

  • Près de 9 victimes sur 10 étaient âgées de 18 à 49 ans;
  • 45 % étaient les conjointes de l'auteur présumé, tandis que 41 % étaient des ex-conjointes;
  • 43 % ont été blessées lors de l'infraction et, parmi les personnes blessées, 88 % ont subi des blessures légères.

En 2007, le nombre d’homicides a diminué avec 8 homicides de moins qu’en 2006, ce qui porte leur nombre total à 12. En 2008, leur nombre total est passé à 11 homicides, soit 9 femmes et 2 hommes. Il s’agit du nombre d’homicides commis dans un contexte conjugal le plus faible depuis 10 ans.

On comptait 1 677 autres victimes lors des événements criminels commis dans un contexte conjugal. Environ le tiers de ces autres victimes étaient des jeunes, et la majorité de ces derniers étaient les enfants de l'auteur présumé.

Source : MINISTÈRE DE LA SÉCURITÉ PUBLIQUE, Statistiques 2008 sur la criminalité commise dans un contexte conjugal au Québec.