Dénoncez l'inacceptable.

La dénonciation faite par la victime est un acte de bravoure. Les freins sont si nombreux qu’elle se trouve souvent paralysée et prisonnière d’un cercle vicieux. Ses craintes sont généralement fondées sur la peur des menaces, de recevoir des coups ou d’autres sévices. La crainte de s’appauvrir, de ne pas trouver de maison d’hébergement et la préoccupation du bien-être des enfants peuvent par ailleurs représenter des obstacles importants. À ses inquiétudes s’ajoutent des sentiments contradictoires comme le sentiment d’impuissance, la culpabilité vis-à-vis de la détérioration de la situation et des problèmes dans le couple, l’espoir que son conjoint peut changer et l’amour qu’elle ressent encore pour lui.

Que vous soyez proche de l’un ou l’autre des partis d’un couple qui vit de la violence conjugale, votre devoir est de dénoncer la situation. Quelle que soit la forme de violence, il faut en parler. La peur, la honte ou l’impuissance peuvent maintenir les femmes victimes de violence conjugale dans l’isolement.

Il est important de briser le mur du silence, de se confier et d’aller chercher de l’aide. Cela s’applique aux victimes, aux conjoints ayant des comportements violents, aux témoins ou aux proches des victimes.

Passez À l'acte.

Brisez le silence.
ne laissez pas quelqu’un souffrir en secret. pour en savoir plus à propos de l’intervention policière et les procédures judiciaires en contexte de violence conjugale, consultez le site d’éducaloi.

Qu’arrivera-t-il si vous appelez la police pour dénoncer une situation de violence conjugale?

Parce qu’il en va de la sécurité de la victime, il est certain que les services policiers prendront vos propos au sérieux et interviendront très rapidement, surtout s’il s’agit d’une situation de violence conjugale qui a lieu au moment de votre appel. Il est possible que les services policiers vous demandent de raconter ce que vous avez vu et entendu et qu’ils veuillent recueillir votre témoignage par écrit.

Il se peut que la personne violente soit arrêtée, puis accusée pour les actes criminels qu’elle a commis. Il arrive aussi qu’on demande au témoin qui les a alertés de venir à la cour, lors du procès de l’accusé, pour raconter au juge les événements. Si tel est le cas, le témoin recevra un document officiel, appelé subpoena, lui demandant de se présenter au Palais de justice à telle heure, tel jour.

Toutefois, il ne faut pas tenir pour acquis qu’en dénonçant des gestes de violence conjugale, on sera dans l’obligation de témoigner à la cour. C’est une possibilité, mais il arrive assez souvent que d’autres éléments de preuve ou les aveux de l’agresseur fassent que le témoin n’a pas à se présenter devant le tribunal.

Quoi qu’il en soit, le fait d’avoir communiqué avec les services policiers pour dénoncer des gestes violents aura sûrement contribué à protéger la victime et c’est ce qui est le plus important. Comme témoin, vous n’avez généralement pas à craindre de représailles, ni pour vous, ni pour la personne violentée. Des mécanismes sociaux et judiciaires sont en place pour vous protéger.